Sur un balcon, deux systèmes dominent largement : le lombricomposteur, qui utilise des vers pour digérer les déchets végétaux en 2 à 4 mois, et le bokashi, qui fait fermenter presque tous les déchets alimentaires en 2 à 3 semaines, viande et laitages compris. Comptez entre 30€ en version DIY et 150€ pour un modèle acheté, selon le système et la finition choisie. Aucun des deux ne demande de gros espace, un emplacement d’environ 40×40 cm suffit dans les deux cas.
J’ai hésité un bon moment avant de me lancer, entre l’idée de gérer une colonie de vers vivants sur mon balcon parisien et la promesse plus discrète du bokashi. J’ai finalement testé le lombricomposteur en DIY avec de vieux bacs de rangement, et le jus récolté chaque semaine est devenu mon meilleur engrais liquide pour mes tomates et mes aromates.
| Aspect | Informations essentielles |
|---|---|
| 🪱Lombricomposteur | Vers Eisenia fetida, végétaux uniquement, 2 à 4 mois, inodore si bien géré |
| 🇯🇵Bokashi | Fermentation, accepte viande et laitages, 2 à 3 semaines, odeur légère de choucroute |
| 💰Prix acheté | 60 à 150€ pour un lombricomposteur, environ 70€ pour un kit bokashi |
| 🛠️Prix en DIY | 25 à 30€ avec des bacs ou seaux récupérés |
| 📏Encombrement | Environ 40×40 cm, à l’abri du soleil direct et du gel |
| 💧Bonus commun | Un jus liquide riche, à diluer pour fertiliser les plantes en pot |

Bokashi ou lombricomposteur, lequel choisir sur un balcon
Le choix dépend surtout de ce que vous voulez composter et du niveau d’attention que vous êtes prête à y consacrer. Le lombricomposteur convient bien à qui compost surtout des épluchures de fruits et légumes, avec un résultat directement utilisable au jardin, mais demande un minimum de suivi, nourrir les vers régulièrement et surveiller l’humidité.
Le bokashi séduit plutôt celles et ceux qui veulent composter absolument tout, viande, poisson, produits laitiers inclus, sans se soucier d’organismes vivants à entretenir. Sa contrepartie, le résultat obtenu n’est qu’un pré-compost, qui doit ensuite mûrir en terre ou dans un second système avant d’être vraiment utilisable.

Comment fonctionne un lombricomposteur
Le principe repose sur des vers Eisenia fetida, différents des vers de terre classiques, installés dans un bac rempli de litière humide. Ils digèrent les déchets organiques et produisent à la fois un compost solide, riche et grumeleux, et un jus liquide qui s’écoule vers le bas du système.
Les modèles à plateaux empilables restent les plus répandus, avec plusieurs bacs percés superposés. Les vers migrent naturellement vers le bac le plus récent, celui contenant de la nourriture fraîche, ce qui permet de récolter le compost mûr dans les bacs du dessous sans déranger la colonie active.

Comment fonctionne un composteur bokashi
Contrairement au lombricomposteur, le bokashi ne décompose pas les déchets, il les fait fermenter, en l’absence totale d’oxygène, grâce à des micro-organismes efficaces (EM) à base de bactéries lactiques et de levures. C’est le même principe biologique que pour la choucroute, ce qui explique l’odeur légèrement acidulée qui se dégage à l’ouverture.
Chaque couche de déchets est recouverte d’un peu d’activateur, puis tassée pour chasser l’air, avant de refermer hermétiquement. Une fois le seau plein, une dizaine de jours de fermentation suffisent, avant d’enfouir le résultat en terre ou de le transférer dans un composteur classique pour terminer sa décomposition.
Quel prix prévoir, acheté ou fait maison
Côté achat, un lombricomposteur design coûte généralement entre 60 et 150€, tandis qu’un kit bokashi complet, seau et activateur inclus, tourne plutôt autour de 70€. Les vers eux-mêmes s’achètent séparément si le lombricomposteur n’en est pas fourni, comptez environ 25€ pour 250g d’Eisenia fetida, une quantité suffisante pour démarrer.
En version DIY, la facture baisse nettement, entre 25 et 30€ avec des bacs de rangement ou des seaux de récupération, une perceuse et un peu de temps. Certaines communes offrent même des vers gratuitement dans le cadre de leurs programmes de compostage, un détail qui vaut la peine de vérifier auprès de sa mairie avant d’acheter.
Où et comment installer son composteur sur un balcon
Les deux systèmes restent compacts, avec un encombrement au sol d’environ 40×40 cm. L’emplacement idéal reste à l’abri du soleil direct et du gel, les vers du lombricomposteur étant particulièrement sensibles aux variations extrêmes de température, un point qui rejoint ce qui a déjà été dit sur le matériau des contenants qui chauffent en plein soleil.
Un composteur en plastique fin exposé plein sud peut littéralement cuire ses occupants en été, alors qu’un modèle en bois ou en terre cuite régule mieux la température, au prix d’un investissement un peu plus élevé.
Fabriquer son lombricomposteur avec des bacs empilables
La méthode la plus populaire repose sur des bacs de rangement en plastique opaque, empilés les uns sur les autres :
- Procurez-vous 3 à 4 bacs opaques empilables de 15 à 25 litres, avec un couvercle hermétique pour le dernier
- Percez le fond des bacs supérieurs avec une vingtaine de trous de 6 mm, espacés d’environ 2 cm, pour laisser passer les vers et l’humidité
- Percez aussi quelques petits trous sur les côtés, plus haut, pour assurer une aération minimale
- Empilez tous les bacs, le bac du bas, non percé, servant à récolter le jus de compost
- Installez une litière humide de 5 cm dans le bac du haut, mélange de terreau et de carton déchiqueté, avant d’y déposer vos vers
Les vers migrent ensuite naturellement vers le haut de la pile à chaque nouvel apport de nourriture, ce qui permet de récolter le compost mûr dans les bacs inférieurs sans les déranger.
Fabriquer son bokashi avec deux seaux
Le montage le plus simple demande encore moins de matériel :
- Récupérez deux seaux en plastique identiques, avec un couvercle hermétique pour l’un des deux
- Percez le fond d’un des deux seaux avec 20 à 30 trous, à l’aide d’une mèche de 3 à 6 mm
- Emboîtez le seau percé dans le seau non percé, qui servira à récupérer le jus de fermentation
- Ajoutez vos déchets par couches de 3 à 4 cm, en saupoudrant chaque couche d’activateur EM
- Tassez bien après chaque ajout pour chasser l’air, puis refermez hermétiquement le couvercle
Un activateur bokashi peut aussi se préparer soi-même à partir de son ou de sciure mélangés à des micro-organismes, une option qui réduit encore le coût d’entretien du système sur le long terme.
Que faire du jus de compost obtenu
C’est souvent le bénéfice le plus sous-estimé des deux systèmes. Le jus de lombricompost comme le jus de bokashi constituent d’excellents engrais liquides, à condition de bien les diluer avant usage, généralement 1 volume de jus pour 10 à 100 volumes d’eau selon le système et la concentration obtenue.
Arrosez directement au pied de vos plantes avec ce mélange, un geste qui favorise particulièrement la floraison et la vigueur des cultures en pot déjà nourries par ailleurs avec un terreau de qualité.
Ce qu’il ne faut jamais mettre dedans
Les deux systèmes tolèrent des déchets différents, une confusion fréquente chez les débutants :
- Dans un lombricomposteur, évitez les agrumes, l’ail et l’oignon, dont l’acidité ou les composés soufrés perturbent les vers, ainsi que la viande, le poisson et les produits laitiers
- Dans un bokashi, presque tout passe, y compris viande et laitages, à l’exception des agrumes en grande quantité et des liquides comme le jus de fruits ou le vinaigre, dont l’acidité tue les micro-organismes efficaces
Est-on obligé d’avoir un composteur chez soi
Depuis le 1er janvier 2024, la loi impose le tri à la source des biodéchets pour tous les foyers français. Ce point mérite une précision souvent mal comprise, cette obligation porte sur les collectivités, qui doivent proposer une solution de tri, bac dédié, point d’apport ou composteur partagé, pas sur chaque particulier qui devrait s’équiper individuellement.
S’équiper d’un composteur de balcon reste donc un choix personnel plutôt qu’une obligation légale, motivé par l’envie de valoriser ses propres déchets plutôt que de dépendre d’un point de collecte collectif, parfois plus contraignant à utiliser au quotidien.
Les erreurs qui découragent les débutants
Quelques erreurs reviennent régulièrement chez qui se lance dans le compostage de balcon :
- Installer un lombricomposteur en plastique fin en plein soleil, au risque de cuire la colonie de vers en été
- Mettre des agrumes ou de l’ail dans un lombricomposteur, ce qui perturbe durablement les vers
- Ouvrir trop souvent un bokashi en cours de fermentation, ce qui casse le processus anaérobie et favorise les odeurs
- Oublier de récolter régulièrement le jus de compost, qui finit par stagner et sentir mauvais
- Se décourager après un premier essai raté, alors qu’un simple ajustement d’humidité ou de dosage suffit souvent à corriger le problème
Questions fréquentes sur le compostage de balcon
Quelle est la différence entre bokashi et lombricomposteur ?
Le lombricomposteur utilise des vers pour décomposer les déchets végétaux en 2 à 4 mois. Le bokashi fait fermenter presque tous les déchets alimentaires, viande et laitages inclus, en 2 à 3 semaines, mais produit un pré-compost qui doit encore mûrir en terre.
Combien coûte un composteur de balcon ?
Entre 60 et 150€ pour un lombricomposteur acheté, environ 70€ pour un kit bokashi complet, ou seulement 25 à 30€ en version fabriquée soi-même avec des bacs ou seaux récupérés.
Un composteur de balcon sent-il mauvais ?
Non, s’il est bien géré. Le lombricomposteur dégage une légère odeur de sol forestier humide, le bokashi une odeur proche de la choucroute, mais aucun des deux ne devrait sentir réellement mauvais dans des conditions normales d’utilisation.
Peut-on mettre de la viande dans un composteur de balcon ?
Oui, mais uniquement dans un bokashi, dont la fermentation accepte viande, poisson et produits laitiers. Un lombricomposteur classique ne tolère pas ces déchets, qui perturbent les vers.
Est-on obligé d’avoir un composteur chez soi en France ?
Non, l’obligation de tri des biodéchets depuis 2024 concerne les collectivités, qui doivent proposer une solution de tri, pas les particuliers individuellement. S’équiper d’un composteur de balcon reste un choix personnel.
À quoi sert le jus récolté par un composteur de balcon ?
C’est un engrais liquide riche, à diluer avant usage, qui favorise la floraison et la vigueur des plantes en pot une fois versé au pied des cultures.

Je m’appelle Lola, j’ai 36 ans, et le jardinage fait partie de ma vie depuis toute petite, grâce à ma grand-mère et son potager en Bretagne. En emménageant à Paris avec seulement un balcon de quatre mètres carrés, j’ai appris à faire pousser légumes et aromates bio sans jardin, à force d’essais et d’erreurs. Aujourd’hui, tomates cerises, radis et courgettes poussent chez moi en pot, saison après saison. J’ai créé unpotagerbiosurmonbalcon.fr pour partager tout ce que ce petit espace m’a appris, avec celles et ceux qui pensent qu’un balcon ne peut rien donner.

